La Paillasse

Circuits Recherche et Création

Circuits Recherche et Création

En art et en sciences, la recherche est au cœur du processus de pensée et de création. Dans une perspective d’approches pluridisciplinaires et transversales, les circuits recherche et création se veulent un espace d’interrogation et d’ouverture du cadre même de la recherche, de ses outils, de ses pratiques et des méthodes. Le but étant de favoriser la mise en commun des pratiques, des outils, des sources et méthodologies tout en apportant un cadre de rencontre et de dialogue entre artistes et chercheurs pour laisser émerger des réflexions plurielles.

Les participants, par binôme (un créateur + un théoricien) sont amenés à produire une œuvre commune.

#1 Méthodologie et pratiques

Méthodologie et pratiques

Comment je travaille ? Quelle est ma méthode, mes outils ? Quels sont les sujets qui m'obsèdent ?

Echanger et matérialiser

Lors de ce premier temps de rencontre, les participants sont amenés à s'interroger sur leurs propres pratiques et cadres de recherche. Il s'agit alors de déplacer les outils et méthodologies, d'inverser et bousculer les habitudes pour entrer dans l'univers d'un autre chercheur et créer en binôme.
Décentrer et recentrer,

#2 La Mémoire

La Mémoire

« Je me demande comment se souviennent les gens qui ne filment pas, qui ne photographient pas, qui ne magnétoscopent pas ; comment faisait l’humanité pour se souvenir ... Je sais, elle écrivait la Bible. La Nouvelle Bible, ce sera l’éternelle bande magnétique d’un Temps qui devra sans cesse se relire pour seulement savoir qu’il a existé »
Chris Marker, Sans Soleil, 1983

Comment se souvenir ? Comment accéder ? Comment oublier ?

La mémoire est un sujet central des sciences cognitives, de l’art et du web ; la question de la sauvegarde et de l’oubli sont au coeur de cette deuxième session.

#3 Le Hasard

Le Hasard

"Et d'un monde anarchique, où les phénomènes se succéderaient au gré de leur caprice, je dirai encore que c'est le règne du hasard, entendant par là que je trouve devant moi des volontés, ou plutôt des décrets, quand c'est du mécanisme que j'attendais. Ainsi s'explique le singulier ballottement de l'esprit quand il tente de définir le hasard." Bergson, Évol. créatr.,1907, p. 235

Hasard, coïncidence, providence

Comment prétendre à la fois que les événements résultent de concours de circonstances imprévisibles, et que l’on puisse pourtant agir en vue d’un résultat déterminable ? Les questions de hasard et de déterminisme sont au cœur de cette troisième session.

#4 L'Outil

L'Outil

ʺSi nous pouvions nous dépouiller de tout orgueil, si, pour définir notre espèce, nous nous en tenions strictement à ce que l'histoire et la préhistoire nous présentent comme la caractéristique constante de l'homme et de l'intelligence, nous ne dirions peut-être pas Homo sapiens, mais Homo faber. En définitive, l'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils et, d'en varier indéfiniment la fabrication.ʺ Bergson, L'évolution créatrice (1907)

Que sont nos outils? Comment les fabriquer, les détourner, s'en détourner?

C'est peut-être à la frontière de l'outil que la science et l'art se mêlent le plus étroitement. Interroger l'outil revient à interroger notre rapport au monde et aux choses, à ce que l'on utilise et à la façon dont on le fait ; à l'autre extrême il y aurait sans doute la machine, cet outil devenu automate : l'outil, ou les traces de l'homme dans la technique.

#5 La Mimesis

La Mimesis

« La technique parachève ce que la nature est dans l’impossibilité d’élaborer jusqu’au bout. » Aristote, (trad. J. Hardy), éd. Gallimard, coll. Tel, 1996, p. 87

Si l’art imite, que doit-il imiter ?

Le concept de biomimétisme, inventé dans le courant du XXe siècle, revient à chercher des solutions techniques dans l’observation du vivant, plutôt que dans la résolution abstraite d’équations. L’enthousiasme qu’il suscite aujourd’hui, aussi bien par les problèmes qu’il résout que par sa résonance avec les enjeux écologiques actuels, n’est pas exempt de questions : s’inspirer du vivant contient autant la possibilité de l’exploiter que de faire corps avec lui. Autrement dit, le concept même de biomimétisme pose explicitement la question de notre rapport au vivant et de notre distance avec celui-ci. Le monde de l’art est traversé, depuis son origine, par la question de l’imitation, posée aussi bien sur le registre technique que sur le registre moral - depuis Platon, au moins, et la question justement qualifiée de mimesis : si l’art imite, que doit-il imiter ? L’art et la science, ici encore, ont matière à travailler de concert pour définir notre position face au vivant.